Dans les écoles

action culturelle : enquête sur une métamorphose

au collège de Staël

"Et vous, quel a été votre premier choc artistique ?"

 

 

Cette question est posée par Jalie Barcilon, l'autrice et metteuse en scène de la pièce Tigrane aux élèves de 3ème du collège de Staël. Persuadée que les oeuvres picturales fortes peuvent bouleverser dès le plus jeune âge, Jalie a choisi de développer avec la classe de Juliette Gigaux, enseignante de lettres, des ateliers d'écriture à partir d'oeuvres d'art.

 

 

16 octobre 2018 / au collège / premier atelier d'écriture

 

Avoir 14 ans et étudier les Métamorphoses d'Ovide ?

C'est bien le programme du jour pour les élèves de Staël. Jalie commence la séance par une lecture du mythe de Narcisse, au cours de laquelle chaque élève, attentif, doit noter sur un cahier dédié au projet les mots qui le touche particulièrement.

Narcisse, tableau attribué au Caravage, est ensuite projeté pour une brève analyse d'image... Que remarquez-vous ?

 

Narcisse, Le Caravage, 1598-1599 environ

 

"On dirait que le reflet est plus âgé, c'est parce que Narcisse peut voir le futur"

Avez-vous remarqué la lumière sur son genou ? Entouré par ses bras et leur reflet, cela forme une sorte d'oeil ! 

 

Parmi tous les mots choisis par les élèves, Jalie en a sélectionné une dizaine pour la deuxième partie de la séance : l'écriture à proprement parler.

 

miroir - cercle - destin - reflet - eau

enfer - astre - nuit - âgé - mourir - futur

 

 

Chacun s'isole pour commencer un récit personnel, poésie ou texte narratif, incluant tous ces termes, et racontant une métamorphose. D'abord timides, les élèves se décontractent peu à peu : les "mais j'ai pas d'idées" laissent la place aux "et si ça racontait l'histoire de..."

 

Et les collégiens ne manquent pas d'imagination : pendant 45 minutes, l'un écrit le récit d'un grain de sable devenu bouteille de verre, l'autre un homme transformé en cerf, ou encore un condamné à mort qui se sent "déjà mort à l'intérieur". Concentrés, ils ne voient pas le temps passer. "Mais ce n'est pas grave si le récit n'est pas fini selon vous, si vous n'avez pas utilisé tous les mots imposés" rappelle Jalie, "l'essentiel est de lâcher prise et s'autoriser à écrire ce qui nous touche". 

 

Enfin, la séance se clôture par une lecture devant le reste de la classe, moment intime auquel les élèves ne sont pas habitués.

 

"ça change de d'habitude, c'est mieux que les cours !"

"en fait j'avais peur, mais c'est facile d'écrire avec les mots imposés, ça fait qu'on arrive mieux à inventer une histoire..."

 

 

 

14 novembre 2018 / au Musée du Louvre / deuxième atelier d’écriture

 

Aujourd’hui, rendez-vous avec Jalie au Musée du Louvre. Pour la plupart des élèves, ce n’est pas la première visite au Louvre. Mais c’est bien la première fois qu’ils vont écrire au Louvre…

 

 

  

La séance débute dans la salle consacrée à Vermeer, peintre néerlandais du XVIIème siècle. On commence par observer deux de ses tableaux : La Dentelière, et L’Astronome.

En petit groupe les élèves s’approchent pour observer de plus près ces œuvres, et choisissent parmi une liste les termes qui les définissent le mieux : « calme, doux, serein, immobile, mystérieux… ».

 

« Et que remarquez-vous sur L’Astronome, pourquoi ce personnage porte-t-il un kimono ? » - « ben peut-être parce qu’il y avait un cours de judo à côté ? » - « Alors peut-être, mais plus probablement parce que des explorateurs l’ont rapporté…».

 

Jalie donne ensuite plusieurs exemples d’auteurs qui se sont inspirés d’œuvres, comme Marcel Proust, qui évoque dans plusieurs de ses ouvrages Une vue de Delft, un autre tableau de Vermeer.

 

Puis c’est au tour des élèves de choisir parmi les différentes salles l’œuvre qui les inspire le plus, « un tableau qui se fraie vraiment un chemin jusqu’à ton cœur et change ta façon de voir, de penser et de ressentir » (Donna Tartt).

 

Ils doivent ensuite imaginer un court texte à propos de celle-ci.

Certains optent pour un poème, d’autres une fiction (« que disent les personnages représentés ? ») ou une simple description du tableau. Parfois, deux camarades choisissent une même œuvre mais l’exploitent tout à fait différemment.

la dent

Fin de la séance, il est l’heure de rentrer au collège. Aux élèves de réfléchir en individuel – parmi leurs propres références – l’œuvre qui les touche tout particulièrement.

 

 

Rédaction : Julie Geffrin

 

 

Enseignantes :

Juliette Gigaux (lettres)

Amandine Blanc (documentaliste)

Capucine Bourlet (arts plastiques)

 

Intervenante : 

Jalie Barcilon (Cie Lisa Klax)

 

Coordination :

Julie Geffrin

 

Dans le cadre d'une Classe à PAC

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