Dans les écoles

Action culturelle : Projet pour jeunes en mal de démocratie

Ecole Du Breuil & Lycée Jean Macé

Dans le cadre de sa nouvelle création, Pièce pour enfants en mal de démocratie, la compagnie Les Ouvreurs de Possibles a choisi de faire travailler ensemble des classes de différents niveaux, filières ou zones urbaines.

Ensemble, et pendant plusieurs mois ces élèves s’initient à la pratique chorégraphique, à la réalisation documentaire, et aiguisent leur regard de spectateur.

 

Dans le cadre de l’appel à projet de la région Ile-de-France, deux établissements franciliens ont été retenus pour participer à ce projet, sous la houlette du théâtre Dunois au cours de l’année 2018-2019 : le lycée Jean Macé de Vitry-sur-Seine et l’École Du Breuil (école d’horticulture de la ville de Paris).

 

 

La pratique chorégraphique :

 

Avant tout atelier auprès des élèves, les danseurs des Ouvreurs de Possibles ont tenu à proposer une première formation de danse aux enseignants et personnels volontaires des deux établissements concernés.

Par ailleurs, les 17 et 18 janvier 2019, deux danseurs et un musicien sont intervenus dans les classes pour des « performances surprises » suivies d’un échange avec les élèves.

Quatre classes participent ensuite à des ateliers de pratique chorégraphique : les 2BGA1, les 1BMEL2, 2nde Générale (Lycée Jean Macé), les BPA (École Du Breuil), entre 2h et une vingtaine d'heures de pratique.

 

 

Le 2 avril 2019 à l’École du Breuil : Danses, mouvements et contacts :

Ce mardi ce sont les BPA de l’Ecole Du Breuil qui retrouvaient Jean-Philippe Costes Muscat de la Cie Les Ouvreurs de Possibles pour poursuivre leurs ateliers de pratique chorégraphique.

Jean-Philippe introduit la danse par le jeu, le contact. On crée des mouvements et une matière chorégraphique commence à se construire. La liberté d’oser inventer est importante pour chasser la timidité et laisser libre l’expression du corps.

Grâce à différents exercices, chacun apprend à trouver ses appuis, à s’ancrer dans le sol, à prendre conscience de son poids, de son corps, de celui des autres. On apprend aussi à se sentir léger.

Pour ces étudiants en agriculture et aménagement paysager, l’envie d’apprendre, de danser mais surtout de se découvrir dépasse rapidement la timidité qui les saisissait au début du projet.

 

Le 18 avril 2019 au Lycée Jean Macé : Se connaître, se regarder : 

Les élèves de Seconde du Lycée Jean Macé arrivent le pas nonchalent dans la salle de réunion qui nous sert de scène aujourd'hui. Rachel Matéis, interprète de la Cie se présente et propose de débuter par un temps de pure déconnexion pour lâcher prise, se détacher du regard des autres. 

Chacun s'allonge - enseignants comme élèves - et analyse sa respiration, la présence de son corps dans l'espace. Que se passe-t-il si l'on contracte un muscle ? Comment le corps s'adapte-t-il ? 

Puis, en duo, les élèves proposent un timide premier pas les uns vers les autres. On se découvre, on apprend à ne pas avoir honte de ses gestes, à proposer. Il faut admettre le postulat qu'un contact en danse est totalement déconnecté d'un contact en dehors de la scène. Les ricannements cessent et les regards fuyants deviennent peu à peu soutenus. 

Déjà, la présence des corps et l'attention s'affirment. Un premier pas vers l'apprentissage de la danse. 

 

Le 19 avril 2019 au Lycée Jean Macé : Être là : 

On commence par se détendre, on se prépare à être dans l’action, à être plus vif. Rachel partage son expérience avec les lycéens et les invite à faire un chemin intérieur pour profiter de l’instant. Un moment de relâchement où les corps au sol, détendus et étendus se transforment en sculptures.

Rachel essaye de garder la qualité de la détente des corps et de l’esprit de nos danseurs en herbe. Elle leur apprend à prendre pleinement conscience de leurs sensations et à prendre conscience des autres :

« Être présent ne signifie pas uniquement être là ! Vous devez offrir une présence de qualité, vous devez être ici physiquement et mentalement ».

Progressivement on bouge. Les corps prennent des trajectoires et voyagent.

Les lycéens prennent de plus en plus d’assurance, créent, innovent, dansent. Le jeu de sculpture se transforme peu à peu en matière chorégraphique.

Rachel conclue l’atelier :

« et si vous ne veniez pas de vous dompter vous-même ? Vous venez de créer et c’est beau ».

 

 

Le 6 mai 2019 au Lycée Jean Macé : Découvrir : 

Pour ce nouvel atelier danse, c’est Pamela Paniagua Sanchez Pamela qui mènera le groupe jusqu’à la restitution finale du projet. Pour entamer la découverte de la danse, Pamela, danseuse, chorégraphe et pédagogue commence par une découverte du corps, du poids, de la pression et de la légèreté.

 

Le 7 mai 2019 au Lycée Jean Macé : L'intention

Individuellement, les élèves tentent de trouver le danseur qui sommeille en eux… un travail difficile pour ces élèves en bac pro électrotechnique plus habitués aux machines qu’aux mouvements de la danse contemporaine.

Le regard, les intentions et les directions sont au cœur du projet de Pamela :

 

« Le regard, c’est ce qui change tout ! Sans intention dans votre regard il ne se passera rien ! ».

 

Timidement les corps se délient, bougent et commencent à créer.

 

Le 10 mai 2019 au Lycée Jean Macé : Expression

Après avoir consacré leur deuxième atelier au travail du corps et des mouvements, les élèves se sont aujourd’hui concentrés sur la légèreté et l’épaisseur de leurs danses.

Chacun leur tour et en solo, ils ont eu l’opportunité de créer et proposer des petites phrases chorégraphiques en musique.

Les propositions individuelles nourrissent la chorégraphie finale dont les contours se dessinent. La séance suivante aura lieu sous l’œil avisé de Didier Leglise, cameraman du projet. Nos jeunes danseurs auront l’occasion d’exprimer, en dansant, leurs visions de l’engagement devant la caméra.

 

 

Les ateliers du regard : 

 

Le 16 avril au Lycée Jean Macé :

Pendant deux heures, les élèves ont pu découvrir et décrypter l’histoire de la danse depuis sa création. Grâce à des vidéos d’archives, on observe, on analyse et on compare.

Julie Sicher apprend aux jeunes l’histoire de la notation chorégraphique, de la notation du mouvement. Tout comme musique, la danse peut être notée sur une partition.

Cette technique de notation permet aujourd’hui aux danseurs de reproduire des ballets de cour du 17ème siècle ou des « belles danses » du 18ème. Elle permet aussi de laisser une trace des chorégraphies contemporaines.

Du ballet classique en passant par la danse contemporaine conceptuelle de Merce Cunningham les styles artistiques sont passés en revue devant l’œil bientôt expert des lycéens.

Petit à petit, on approfondit nos réflexions sur la danse, on questionne la place laissée au hasard dans les chorégraphies ou encore la superposition du phrasé chorégraphique et du phrasé musical.

 

 

La création documentaire : 

 

 

 

Le 4 avril 2019 à l’École du Breuil : Portraits de danseurs inspirés :

 

L’atelier commence par une séance d’expression face caméra. L’objectif : montrer une émotion. Un par un, les étudiants se dévoilent, avec parfois beaucoup d'appréhension : pas facile de regarder l'objectif ! 

Puis l’atelier se poursuit par de la pratique dans les jardins ensoleillés de l’école d’horticulture.

Les étudiants sont invités à trouver un espace qui les inspire et les rassure pour aborder la thématique de « l’engagement par la danse ».

 

Avec de la musique dans les oreilles pour se déconnecter du regard des autres ou simplement avec les bruits environnants, les mouvements se libèrent et la réticence du début laisse place au plaisir de partager et de se dépasser.

Une danse collective qui réunit l'ensemble de la classe, l'enseignant de Reconnaissance des végétaux, les intervenants de la Cie et du théâtre Dunois, intrigue les autres membres de l'École qui se pressent pour assiter au spectacle !

 

Une belle complicité mais surtout beaucoup de solidarité animent le groupe à la fin de la séance.

 

 

Le 5 avril 2019 à l’École du Breuil : Portraits vidéos et thématique de l’engagement :

 

Pour cette nouvelle séance, les étudiants se sont concentrés sur la thématique de l’engagement.

Dans un premier temps on discute, on débat, on déconstruit ce concept et on le définit : « s’engager c’est faire un premier pas », « s’engager c’est parfois faire un saut dans le vide sans parachute ».

 

Pendant deux heures, les étudiants se succèdent devant la caméra de Didier Leglise pour partager leurs visions de l’engagement et répondre à ces questions : que fais-tu dans la vie pour t’engager ? Comment t’engages-tu ? Est-ce de l’engagement de se tenir debout en face d’une caméra pour s’exprimer ? Et si la base de l’engagement pour ces étudiants ne résidait pas dans le fait de se lever tous les matins pour leur avenir ?

 

Chacun se confie individuellement pourtant une même idée revient pour tous : l’engagement est avant tout un engagement pour l’autre avant même d’être un engagement pour soi.

 

La question de s’engager pour l’environnement prend place au cœur du débat qui anime ces étudiants en agriculture et aménagement paysager :

 

 « Je soigne la terre et je m’engage pour trier mes déchets, pour consommer mieux et plus durable en allant directement chez les producteurs par exemple ».

 

Cet engagement-là est un engagement pour l’avenir, pour la planète et pour l’humanité. Les réflexions de chacun mènent peu à peu à penser à l’engagement pour l’égalité, l’égalité des genres, l’égalité des salaires et toutes les formes qu’elle peut prendre.

La séance se termine en mouvement dans les jardins de l’École pour les étudiants désireux d’illustrer par la danse, toutes les questions qui les animent.

 

Le 14 mai 2019 au Lycée Jean Macé :

Dans le foyer qui leur sert de salle de danse et devant le mur recouvert de graffs, les élèves s’expriment sur la question de l’engagement par les émotions, la parole et la danse. Un par un, ils passent devant la caméra de Didier et affichent leur engagement.

 

 

Restitution le 17 mai 2019 au Parc Floral :

 

Ce vendredi 17 mai marque la fin du projet danse mené par La compagnie Les Ouvreurs de Possibles. C’est dans les jardins fleuris du Parc Floral de Paris que les élèves du lycée Jean Macé et de l’école Du Breuil se sont rencontrés pour une journée riche en répétition et en découverte.

Cette restitution est une chance pour eux de présenter devant un public, le résultat de leurs recherches et de leurs créations chorégraphique menées depuis plusieurs mois sur la thématique de l’engagement.

Chacun leur tour et toute la journée, les groupes se sont succédés pour répéter leurs chorégraphies.

 

C’est le groupe de seconde générale du lycée Jean Macé, accompagné de Rachel qui ouvre le bal. Le silence gagne rapidement le public, saisi par la qualité et la poésie des mouvements de nos jeunes danseurs. La classe de première les suit avec une chorégraphie alternant rythme et douceur, contacte et légèreté. Les élèves de l’école Du Breuil clôturent la partie danse de cette fin d’après-midi par une danse énergique et vivante.

Après les trois représentations dansées, une projection est organisée. Les ateliers danse et vidéo ont permis à chacun de s’exprimer par la parole ou par la danse sur cette question « et pour toi c’est quoi l’engagement ? ».

Un beau montage de ces moments suspendus est projeté au public ravi et ému de découvrir l’investissement et l’engagement des jeunes. Familles, amis, enseignants et partenaires étaient présents pour les soutenir et les féliciter.

La journée se termine autour d’un pot, l’occasion pour les artistes, Jean-Philippe, Rachel et Pamela, les jeunes danseurs et le public d’échanger sur le projet qui, pour une grande partie des élèves, fut une belle expérience.

 

 

 

 

 

Intervenants :

Delphine Bachacou

Christophe Cagnolari

Rachel Mateis

Jean-Philippe Costes-Muscat

Julie Meyer Hein

Didier Leglise

Pamela Paniagua Sanchez

 

Équipe pédagogique :

Aurore Avril

Hervé Dardillat

Joffrey Deschamps

Charlotte Tisseraud-Burnel

Hélène Verney

Sophie Villemagne

 

Coordination : 

Julie Geffrin

 

Rédaction : 

Juline Rossier

Julie Geffrin

 

 

Dans le cadre d’un projet soutenu par l’aide régionale à l’éducation artistique et culturelle, dans son volet « soutien aux actions ponctuelles d’éducation artistique et culturelle ».